Présupposés et sous-entendus
Les deux types d’implicite les plus importants sont les
présupposés et les sous-entendus.
Les présupposés font partie
de l’énoncé, alors que les sous-entendus doivent
être devinés
par le destinataire, qui met l’énoncé en relation avec la situation de communication et
ce qu’il sait du locuteur.
I/Qu'est-ce-qu'un présupposé
 Quand on parle, on apporte des informations nouvelles mais
on doit aussi s’appuyer sur des informations que l’on présente comme si elles étaient
déjà acquises, évidentes. Par exemple, dans la phrase: Le vicomte a cessé de
voir le marquis une des informations présentées comme acquises est: «Le vicomte,
auparavant, voyait le marquis». On dit que les informations présentées comme
nouvelles sont posées et que les informations presentées comme acquises sont
présupposées, que ce sont des présupposés.
 Certains présupposés portent sur l’ existence de personnes ou d’objets, d’autres sur des
faits.
La réception aura lieu demain. (La phrase présuppose l’existence d’une réception.)
Le duc a fait réparer sa montre. (La phrase présuppose le fait: la montre du duc était abîmée.)
 Pour savoir si une information est présupposée, on transforme la phrase en phrase
interrogative ou on la met à la forme négative: si l’information reste vraie, c’est
un présupposé.
Ex. Si on transforme la phrase: Le vicomte a cessé de monter à cheval en phrase
interrogative (Est-ce que le vicomte a cessé de monter à cheval?), ce qui reste vrai,
c’est l’information: «le vicomte auparavant montait à cheval». Si on met maintenant la
phrase à la forme négative (Le vicomte n’a pas cessé de monter à cheval.), la même
information reste encore vraie. On dira que cette information («le vicomte auparavant
montait à cheval») est présupposée. En revanche, l’information que ce vicomte a cessé
de monter à cheval est posée car elle et mise en doute dans la phrase interrogative et
niée dans la phrase négative.
 Parfois, le locuteur utilise le présupposé pour manipuler son destinataire, en présentant
comme évidentes des informations qui ne le sont pas. Par exemple un policier peut demander:
À quelle heure avez-vous aperçu
la victime? (présupposé: « Vous avez aperçu la victime») à un suspect qui nie avoir vu
cette victime. Ce procédé est également très employé dans les débats; en effet, il est plus
difficile de contester un présupposé qu’une information posée.
II/Les divers moyens de construire des présupposés
Les présupposés peuvent être provoqués par certains mots.
Paul aussi monte à cheval. (présupposé: «quelqu‘un d'autre monte à cheval»)
 Les présupposés peuvent également résulter de certaines constructions, en particulier:
— les GN à article défini;
Le prince est malade. (présupposé: «il existe un prince»)
Les amis du duc sont influents. (présupposé: « le duc a des amis»)
Remarque: quand on emploie un
article défini pour désigner une ou plusieurs personnes
ou une ou plusieurs choses, on présuppose qu’ils existent.
— de nombreux GN qui s’interprètent comme une phrase (nominalisations);
L’absence du baron a été remarquée. (présupposé: « le baron a été absent»)
— les relatives épithètes déterminatives;
Je déteste les gens qui aiment les snobs. (présupposé: «certains aiment les
snobs »)
— des constructions emphatiques en c’est... que... ou des interrogations partielles (voir p. 154);
C’est le duc qui est ruiné. (présupposé: «quelqu’un est ruiné»)
Qui as-tu défié en duel? (présupposé: « tu as défié quelqu‘un en duel»)
— certains compléments circonstanciels.
Il a vu la duchesse à Nice. (présupposé: «il a été à Nice»)
Puisque tu vois le duc, invite-le. (présupposé: «tu vois le duc»)
III/Les sous-entendus
 Il arrive que le locuteur dise une phrase
pour faire comprendre autre chose à son
destinataire. Par exemple, on peut dire: Il est tard dans l’intention de faire comprendre
au destinataire qu’ il est temps qu’il s’en aille. Ce type d’information implicite est
appelé sous-entendu.
 Pour comprendre un sous-entendu, le destinataire doit mettre en relation l’énoncé avec
le contexte dans lequel il est dit. C’est dans un contexte particulier que Il est tard
peut sous-entendre « Il faut que tu partes ». Dans un autre contexte, Il est tard pourra
être destiné à transmettre un autre sous-entendu, par exemple « Il faut aller se coucher»,
« Jacques va arriver», etc.
 Pour être sûr que le sous-entendu sera bien compris, le locuteur peut dire quelque chose
qui apparaît nettement déplacé dans le contexte, de manière à attirer l’attention du
destinataire. Par exemple, si le locuteur répond: C’est à moi que vous parlez? quand c’est
évident qu’on s’adresse à lui, ce peut être une façon de sous-entendre: « Vous devriez
parler à quelqu’un d’autre».

Les éléments qui organisent le texte
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I/La présentation d'un texte
Un texte long se décompose en parties
(chapitres, rubriques, sections...), elles-mêmes composées de paragraphes, qui forment une
unité de sens. Un paragraphe commence par un alinéa (un retrait de la première ligne)
et s’achève par un passage à la ligne.
Dans un dialogue, chaque alinéa commence par un tiret qui correspond à un début de
réplique, c’est-à-dire à un changement de locuteur.
— Vous en êtes où, en histoire?
— À la période de l’Occupation.
II/Les connecteurs
 Placés en tête de phrase, les connecteurs (adverbes de liaison, conjonctions de
coordination ou de subordination) constituent des points de repère pour la
compréhension car ils soulignent les articulations du
texte.
—> Voici comment cela s’est passé: d’abord (...) ; ensuite (...) ; enfin (...).
 Les connecteurs logiques
permettent au locuteur d’établir un rapport entre deux
idées ou deux événements. On les utilise en particulier dans les textes ou les passages
argumentatifs et explicatifs.
—> Mon père n’était pas d’accord avec ma décision; cependant il me laissa partir car
il savait que rien ne pourrait me convaincre.
 Les connecteurs temporels établissent un rapport chronologique.
Ils organisent généralement les textes ou les passages narratifs, en marquant les étapes
du récit: stade initial
(d’abord, au début, au commencement...), péripéties (puis, ensuite, alors...), fin du
récit (finalement, enfin, au bout du compte...).
 Les connecteurs spatiaux organisent généralement la description. Ils marquent le plus
souvent des oppositions par rapport à un repère: à droite / à gauche, en haut / en bas,
ici / là-bas...
 Certains groupes prépositionneis compléments circonstanciels, placés en tête de phrase
ou de proposition, jouent parfois le même rôle qu’un connecteur dans l’organisation du
texte.
->À Paris, le réseau est dirigé par Henriette. En province, c’est Raymond qui sera ton
contact.
III/Le choix des personnes et des temps
 Généralement, les mêmes êtres ou les mêmes choses sont évoqués plusieuirs fois dans un
texte. Les reprises nominales et pronominales (voir
Châp. 4) contribuent à unifier le texte en établissant des rapports de sens d’une
phrase à l’autre.
—> Pierre venait de Paris. Francis, qui etait de Marseille, se méfiait de lui comme de
tous ceux qui arrivaient de zone occupée. Il attendait que le jeune Parisien fit ses
preuves...
 Le choix des pronoms dépend du locuteur, et éventuellement
du destinataire. Si le texte de l’exemple précédent était énoncé par Francis s’adressant à
Pierre, le système des personnes (qui est désigné par je, tu, il... serait différent.
—> Tu venais de Paris. Étant de Marseille, je me méfiais de toi...
 De la même façon, le choix des temps (présent, passé ou futur) dépend du locuteur
(auteur, narrateur fictif ou personnage); car en évoquant des faits, il se situe dans
le temps par rapport à ces faits. Les temps utilisés doivent donc rester cohérents avec
le choix du locuteur pour tout un texte ou toute une partie de texte.
IV/La progression thématique
Un texte progresse par l’apport d’un propos nouveau à chaque phrase
(voir chap. 10). Le thème rattache une phrase aux autres phrases. On distingue trois
types de progression du texte.
La progression à thème constant: les phrases s’enchaînent par la
reprise du même thème d’une phrase à l’autre.
- François a quatorze ans. Il s’intéresse à l’histoire de la Résistance, Il s’est
rendu dans le Vercors pour retrouver d’anciens maquisards. Ce veinard a eu la
chance de rencontrer Henri dès son arrivée.
La progression linéaire: chaque phrase reprend pour thème le propos
(ou une partie du propos) de la phrase précédente.
- Tu connais François... Il a rencontré Henri. Celui-ci vit toujours dans
un hameau perdu sur le plateau du Vercors. C’est à cet endroit qu’en
1944, un groupe de maquisards a tenu tête à une division allemande.
La progression à thème dérivé: le texte progresse par décomposition du
thème initial; chaque phrase a pour thème une partie du thème principal.
- En 1944, toute la famille a participé à la Résistance. Mon père a organisé le réseau
dans le département; mon frère aîné a pris le maquis au printemps 43; moi, je l’ai rejoint
au début 44; quant à ma mère et ma petite soeur, ellesservaient d’agents de liaison.
Remarque: Les textes sont très rarement constitués d’un seul type de progression: ils
combinent le plus souvent les trois types de progression.
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L'argumentation
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 Le discours
argumentatif vise à convaincre l’interlocuteur à le
faire changer d’opinion ou
à lui faire adopter une idée. Dans un texte argurnentatif, on peut distinguer:
— la thèse
, c’est-à-dire l’idée principale défendue par
le locuteur, la conclusion à laquelle il
veut conduire son interlocuteur;
— les arguments,
c’est-à-dire les idées avancées par le locuteur pour appuyer, justifier sa
thèse; ils peuvent être illustrés par des exemples, empruntés
à l’histoire, la littérature,
l’actualité.
 La thèse peut être annoncée dès le début ou présentée à la
fin; elle peut aussi ne pas être
exprimée explicitement et se déduire des arguments.
 Les connecteurs logiques
assurent l’unité du texte argumentatif en marquant les étapes
de l’argumentation (annonce d’une justification, d’un exemple, d’une conclusion) ou en
établissant des liens entre les arguments ( cause, conséquence,
concession, opposition...).
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Réfuter l'argumentation
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 Dans tout discours argumentatif, il y a en fait deux thèses en présence: celle que défend
le locuteur, et celle, souvent implicite (voir chap. 22), à laquelle il s’oppose,
l’antithèse:
Argumenter pour l’abolition de l’esclavage (thèse du locuteur), c’est s’opposer à la
justification de l’esclavage (antithèse).
 Une argumentation qui consiste principalement à s’opposer à une thèse,
est une réfutation. Dans un monologue, l’antithèse est souvent présentée par le locuteur
en début d’argumentation pour être ensuite réfutée.
 Dans un dialogue, la thèse et l’antithèse sont défendues par deux
locuteurs qui se livrent à un débat contradictoire. L’argumentation de chacun des
locuteurs est alors double:
défendre sa propre thèse et réfuter celle de l’autre; aux arguments de l’un sont opposés
les contre-arguments de l’autre.
 Les connecteurs utilisés dans la réfutation ou le débat contradictoire
expriment souvent l’idée d’ opposition.
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Le discours argumentatif
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Un discours argumentatif vise à convaincre l’interlocuteur, à le faire changer d’opinion ou
à lui faire adopter une idée au moyen d’arguments.
Caractéristiques textuelles de l’argumentation
Dans un texte argumentatif, on peut distinguer:
— La thèse: l’idée principale que le locuteur veut faire admettre à son interlocuteur et
qui s’oppose implicitement ou explicitement à une antithèse que le locuteur réfute.
— les données (Ou prémisses): les faits ou les idées sur lesquelles les interlocuteurs sont
d’accord, ce qui n’est pas soumis à la discussion.
— les arguments: les idées avancées par le locuteur pour convaincre son interlocuteur,
souvent illustrées par des exemples.
— L’ordre est variable: la thèse peut être présentée au début ou en conclusion; elle peut
aussi ne pas être exprimée et se déduire des arguments.
— Les arguments peuvent consister en une explication par la cause, l’examen des conséquences
(avantages et inconvénients), la formulation d’hypothèses... L’argumentation peut intégrer
les autres formes de discours: description (Ex. une société idéale), récit (fable, histoire
exemplaire), explication (utilisation d’un savoir).
Caractéristiques grammaticales de l’argumentation
— Le texte argumentatif se caractérise souvent par une forte présence des connecteurs
logiques qui marquent les étapes de l’argumentation.
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Comment exprimer son opinion
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 Quand on parle, on peut présenter ce que l’on dit comme
un fait, une donnée objective
observation, savoir...) : Jules est dans son atelier. On peut aussi exprimer son opinion,
en prenant position sur un sujet débattu: Le travail est bon pour la santé.
 On peut exprimer son opinion sans
indiquer explicitement
quelle attitude on adopte à
l'égard de ce qu’on dit: Travailler, c’est formateur. Mais on peut aussi
expliciter son
attitude à l’aide d’un verbe placé le plus souvent avant ( Je pense que travailler est formateur),
en incise ( Travailler, je pense, est formateur), ou à la fin ( Travailler est
formateur,
je pense).
 Ces verbes d’opinion la plupart
du temps sont
employés à la 1ère personne: je crois je suis
convaincu que... On peut aussi employer d’autres moyens que des verbes: des
expressions comme à mon avis, selon moi, mon opinion est que...
 Plutôt que d’exprimer directement son opinion,
on peut s’abriter derrière l’opinion
commune: en général on dit que..., comme chacun sait... ou derrière l’opinion de plusieurs
personnes: pour certains, il y en a qui pensent que... On peut aussi la présenter comme
une vérité déjà établie: je constate que..., je sais que...
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Métaphores et comparaisons
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 La métaphore et
la comparaison sont des figures de style qui consistent à mettre en
parallèle deux éléments (êtres, objets, notions, événements) pour souligner ou faire
apparaître une ressemblance.
 Ces deux figures reposent sur l’existence
de trois éléments: le comparé (ce dont on parle),
le comparant (ce avec quoi on compare), et la propriété commune aux deux
(la ressemblance).
- Je m’approchais pour observer ces boîtes qui se fendaient comme des huîtres.
comparé propriété commune comparant
 Il ne faut cependant pas confondre ces deux figures de style très proches l’une de l’autre:
La comparaison met en
relation le comparé et le comparant à l’aide d’un outil
grammatical de comparaison ( comme, tel, même, semblable, pareil à, ainsi que, tel que,
de la même façon que...)
— Je l’ai vu l’ouvrir « à la bonne page » en le faisant craquer comme un soulier.
outil de comparaison
La métaphore n’utilise pas
l’outil grammatical pour indiquer la ressemblance entre le
comparé et le comparant. Elle exige donc un travail d’interprétation plus important
que la comparaison. Elle apparaît comme une énigme à résoudre, en particulier lorsque
la propriété commune ou le comparé n’est pas exprimé.
— Je révérais les livres, ces pierres
levées... (présence du comparé)
— Je m‘approchais pour observer ces boîtes qui se fendaient... (absence du comparé)
Remarque. On parle de métaphore
filée lorsque plusieurs comparants appartenant à
un même champ lexical se prolongent dans tout un passage.
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