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POEMES SUR LE THEME DE LA MER

 

 

 

Une vague désespérée a le mal de mer. Le petit soleil du matin lui souffle quelques mots d’eau douce, quelques bises marines.


 

La vague ne vogue plus,

La vague est étendue,

La vague est fatiguée

Ne veut plus se mouiller.

 

Un brin de soleil

Tout ébouriffé,

Encore dans la lune,

Se lève à tâtons

Et sans se presser

Ouvre l’horizon.

 

Un brin de soleil,

Un soleil levant,

Réveille la vague

Qui rêvait de vent,

 

Quand le goéland

Et le vieux rocher,

L’étoile de mer,

Le crabe caché,

Récitent la plage

Et ses cocotiers.

 

 

HOMERE

 

 

 

Homère a  le cafard

- Oh ! Mince !

- Homère le homard

En pince

Pour Antigone

Une anémone



BERNARD L’ERMITE

 

A marée basse ?

Bernard l’ermite

Parfois invite

A boir’ la tasse,

Dans un vieux gîte,

Des crustacés

Mal élevés :

 

La langoustine

Fait grise mine

Et la crevette,

C’est le bouquet,

A le hoquet.

 

LE REDOUTABLE

 

A moi les bigorneaux !

La mer monte à l’assaut !

Prenez les pelles,

Je prends le sceau.

Voilà la belle !

Taïaut !

 

Gare-toi Océan

Ou je montre les dents !

Car je suis le croqueur,

Je suis le Crève-cœur,

Le seigneur

Redoutable

D’un château de sable.

 

TETE EN L’AIR

 

L’étoile d’atmosphère,

Une étoile un peu fière,

Dans le miroir de l’eau

Admire son tableau

 

Par-dessus un nuage

Voudrait voir davantage

Et se penche un peu trop

Vers les flots

 

C’est la fin, elle chute,

Tombe sans parachute,

Devient en un éclair

Une étoile de mer

 

 

Entre deux eaux

 

Un poisson volant entre ciel et mer

Ne savait que faire :

Etre oiseau de l’eau

Ou poisson du vent.

 

Il choisit enfin d’être mammifère.

Mais arrivé sur terre,

Le pauvre manqua d’air.

Après tant d’efforts

Pour être un peu mieux,

Il comprit alors

Qu’en bravant d’en haut les flots coléreux

Il avait trouvé un juste milieu.

 

 

REQUIN-CHAGRIN

 

Le requin-chagrin

Ne dit jamais rien

Et bien malgré lui,

Comme un vieux bandit,

Sourit méchamment

A tous les passants.

 

Maudit, ce requin

Se fait du souci.

Il voudrait un jour

Connaître l’amour,

Mordre à belles dents

La vie tout le temps.

 

Triste au fond de lui,

Le requin-chagrin

Ne mange plus rien.

Il glisse sans bruit

Dans l’eau de  la nuit ;

Il part comme un trait

Et puis disparaît



ADIEU SAVON

 

Le petit bateau

Du grand lavabo

Largue les amarres.

Adieu savon !

Adieu baignoire !

 

Le capitain’ Dragon,

Un fier garçon,

Part

Pour les Baléares

En avion !

 

Le petit bateau

Du beau lavabo

 

Quitte les courants

Des grands bains moussants

Adieu gants de toilette !

Et vive les tempêtes !

 

 

QUI S’Y FROTTE S’Y PIQUE

 

Le grand cachalot blanc

N’aime pas les romans

Car il pense très fort

Que, lorsqu’on les dévore,

On finit un beau jour

Par crier « au secours »

En tombant – que c’est bête-

Sur une grosse arête,

Un drôle de hameçon

En forme de harpon.

 

LES GROS MAUX

 

Le vétérinaire

Est très en colère

Il a sur les bras

Beaucoup trop de cas.

 

A ses amis

Il confie

 

« Le poisson-chat

Ne miaule pas.

 

Le poisson-clown,

C’est bien curieux,

Fait son sérieux.

 

Le requin-marteau,

Vraiment quel ballot,

A perdu la tête

Pour une roussette.

 

Et le poisson-scie,

Mon plus gros souci,

Ca me rend nerveux,

Coupe les cheveux

En deux ! »

 

JOUR DE FÊTE

 

C’est parti, c’est la fête !

C’est un jour de tempête !

Les vagues font la course

Jusqu’au rocher de l’Ours

Un peu grognon !

 

Au-dessus, en breton,

Les goélands d’argent,

Bien assis dans le vent,

Annoncent les vainqueurs

Aux spectateurs.

 

Et couverts de bravos,

Les rouleaux

Passent les hauts remparts

En fanfare !

 

HUE !

 

Dans une cavité

Très, très mal fréquentée,

Un congre incongru

Se met à l’affût.

 

Bibelot

Sous l’eau,

L’hippocampe

Décampe

Au galop !


 

 

DIVA

 

Sous la banquise

Ou elle est prise,

Pour la dernière fois,

La Diva,

Une baleine bleue,

Donne comme un adieu

Un concert fabuleux.

 


Mystère aigu,

Mots inconnus,

Bulles de sons

A l’unisson.

Ondes qui lavent

Et notes graves

Vont en surface

Toucher la glace.

 

Et la banquise

Soudain se brise

Sous l’effet chaleureux

Du chant volumineux

De la baleine bleue !

 

LA MER A BOIRE

 

La vague est réveillée,

Le jour ensoleillé

A fini sa chanson

Du pays des poissons.

 

Et comme dans son rêve

La vague se soulève

Et plonge

Et songe,

Dans un long flux d’espoir,

Que tout n’est pas perdu,

Que ce n’est plus

La mer à boire.

 

 

 

 

 

Après ce bain de soleil…la vague regonflée embrasse l’horizon,…se jette à l’eau et met les voiles.

 

[La mer à boire, poèmes bateaux et autres, poèmes d ‘Eric Dauzon]


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